II) Les non-voyants s'adaptent au sport

Difficultés des non-voyants dans le sport

Dans le sport, la vue est le sens le plus important. En effet, savoir où se situe le(s) l’adversaire(s), le(s) coéquipier(s), les limites d'un terrain ou encore un accessoire (ballon, balle, volant...) est primordiale. Pour cette raison, les non-voyants rencontrent des difficultés dans de nombreux sports, notamment les sports d’équipe, de balles ou de combat.

Pour les personnes ayant des possibilités visuelles même très réduites, il est important de ne pas pratiquer d’activités qui pourraient détériorer cette capacité visuelle déjà faible. Par ailleurs, du fait de leur caractère dangereux pour la santé des non-voyants, certaines activités sont à évités lorsqu’elles risquent de provoquer :

  • Des traumatismes à la suite de chocs violents :

               - Sauts répétés avec réceptions « dures »

               - Plongeon en piscine

               - Sports « violents » (boxe, rugby...)

  • Une augmentation de la pression dans la sphère céphalique :

               - Exercices en position verticale, la tête en bas

               - Exercices en apnée prolongée

               - Exercices exigeant un effort intense et prolongé

sigle du danger

Ces activités étant présentes dans un grand nombre de sports, les raisons de santé limitent le nombre de sports praticables par les non-voyants.

De plus, pour des raisons d’équité, la pratique de sports avec d’autres participants ayant une vision normale est souvent compromise, parfois impossible.

Expérience :

Nous avons réalisé une expérience pour montrer les difficultés rencontrées par les non-voyants lors de la pratique du sport.

Chacun de nous trois à couru sur une ligne droite :

  • une fois dans des conditions de vision normales
  • une fois les yeux bandés

Les résultats sont les suivants :

Expérience de la ligne droite (TPE : La pratique du sport par les non-voyants)

Schémas des résultats de l'expérience

Nous pouvons remarquer que, même sur une ligne droite, l’absence de vision des couloirs de la piste nous empêche de rester dans la ligne de course et nous fait dévier d’un côté ou de l’autre. Nous avons perdu nos repères visuels et nos performances sont réduites.

Cependant, nous n'avons pas l’habitude de ne plus voir et nous pouvons supposer que les personnes ayant perdu le sens de la vue depuis plusieurs années se sont «habituées» et peuvent courir droit sans dévier comme nous l’avons fait.

Expérience:

Nous réalisons une seconde expérience, toujours dans le but de poursuivre notre recherche sur les conditions dans lesquelles s'effectue la pratique du sport pour un non-voyant. A savoir que celle-ci ne représente qu'une approche, puisqu'en effet la cécité dans laquelle nous effectuons le test est toute temporaire et quelque peu artificielle, et que par conséquent cela ne saurait rendre parfaitement compte des sensations d'un non-voyant pratiquant une telle activité.

Nous avons choisi de prendre le basketball pour cadre sportif; c'est un sport qui comporte avant tout un aspect de précision (avec la présence d'une cible, en l'occurrence le panier), et cet sur cet aspect que nous nous penchons. L'expérience consiste à étudier la précision de lancers effectués les yeux bandés, non sans en avoir préalablement effectué certains dans des conditions normales.

Nous sommes les trois sujets de l'expérience, et nous lançons tour à tour le ballon; d'abord quelques lancers avec les yeux ouverts, puis enfin un ou deux lancers les yeux bandés.

Expérience du lancer (TPE : La pratique du sport par les non-voyants)

Il s'avère que les lancers effectués les yeux bandés restent somme toute assez précis; il semblerait que l'organisme fixe la précision du mouvement juste, effectué dans des conditions normales, et la reproduit ensuite au moment où nous sommes privés de notre vision. En effet, le film de la vidéo témoigne du fait que nous effectuons systématiquement un mouvement corporel, afin de retrouver les sensations normales et d'avoir une meilleure idée de l'espace qui nous entoure. Un tel mouvement se traduit ici par un penchement du buste en avant, ainsi qu'une légère poussée sur les jambes au moment de déclencher le lancer.

Cela illustre bien en quoi les non-voyants parviennent, au moyen d'adaptations dans leur appréhension du sport, compensant ainsi partiellement les désavantages liés à leur handicap.

Vers une pratique facilitée

Nous venons de constater que les non-voyants rencontraient des difficultés pour la pratique du sport et que, pour compenser (en partie) ces difficultés, leur corps devait s’adapter. Nous pouvons donc affirmer que les non-voyants s’adaptent aux sports ; nous allons maintenant voir que l’inverse est vrai : les sports s’adaptent aussi aux non-voyants dans leurs rêgles.

 

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