Introduction

Définition de handicap

"L’existence de l’infirmité interpelle la conscience humaine. Elle nous renvoie, comme un miroir, l’image d’une fragilité de nature ; elle nous confronte violemment à une forme radicale de souffrance, de finitude, de mal, d’injustice. C’est pourquoi, de rejets en sursauts, l’histoire du statut des personnes handicapées a connu autant de retours en arrière que d’avancées spectaculaires."

Louis Avan, Professeur à la faculté des Sciences de Clermont (1957-72) puis au Conservatoire National des Arts et Métiers (1972-93)


Aujourd’hui, près de 9 millions de français sont touchés par un handicap soit une personne sur 7. Parmi eux, 3 400 000 personnes de moins de 70 ans souffrent d’un handicap majeur. Mais qu’est-ce qu’un handicap ?

      Les termes « définition » ou « classification » peuvent avoir une connotation péjorative. Nommer ou classifier les handicapés n’est pas anodin et peut porter à conséquence. En effet, classer les handicapés, c’est prendre le risque de les réduire à leur invalidité ; de les exclure de la société. De nombreuses appellations telles que « inadapté » ou « infirme » ont également été utilisées au cours du temps pour les désigner. L’évolution de ces termes traduit l’améliorations des connaissances des différents handicaps, des mentalités ainsi que des organisations sociales de leur prise en charge. Le terme utilisé aujourd’hui, « handicap », vient de l’anglais « hand in cap » qui signifie littéralement « main dans le chapeau » et désignait originellement un jeu durant lequel certains participants avaient un désavantage, un handicap. Selon la loi française du 11 février 2005 « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. ».

Précisions sur la cécité

"Être non-voyant, ce n’est pas une infirmité, c’est seulement une autre façon de voir"

Gilbert Siboun, aveugle de naissance dans son livre « Les couleurs de la nuit »

La vue est sans doute le sens qui nous est le plus utile. En effet, les photorécepteurs, situés sur la rétine représentent environ 70 % des récepteurs sensitifs d’un individu et on s’accorde à dire que 80 % de la perception de notre monde se fait par la vue.

Mais qu'est-ce-que la cécité ?

La cécité (du grec caecitas) se dit de l’état d’une personne qui est privé de l’usage de la vue et, dans le sens strict du terme, l'aveugle (du latin ab oculis : littéralement « sans les yeux ») est celui qui est privé de la vue.

Cependant, la définition légale de la cécité différencie les malvoyants des non-voyants (aussi appelé aveugles) : les malvoyants sont atteints  d’une « quasi-cécité » (légère perception de lumière) et ont une acuité visuelle pour le meilleur œil inférieure à 4/10 tandis que les non-voyants sont atteints d’une cécité complète (aucune perception de lumière) et ont une acuité visuelle pour le meilleur œil inférieure à 1/20. Il y a, ensuite, de nombreuses catégories qui « classent » les non-voyants ou malvoyants en fonction des caractéristiques de leur cécité (monoculaire ou binoculaire, vision en couleur ou non...), de leur causes biologiques (qui sont très nombreuses) et le possible « reste » de capacité à percevoir la lumière. Ces « classements » sont nombreux mais d’après la Classification Internationale des Maladies, publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la fonction visuelle comporte 4 grandes catégories :

  • la vision normale
  • la déficience visuelle modérée
  • la déficience visuelle grave
  • la cécité

En 2010, on estimait à près de 285 millions le nombre de personnes présentant une déficience visuelle dans le monde : 39 millions d’entre elles seraient aveugles et 246 millions présenteraient une baisse de l’acuité visuelle. En France, il y a 75000 non-voyants de moins de 70 ans. Dans l’ensemble, le nombre de déficients visuels a diminué dans le monde depuis le début des années 1990. Cela est dû à la diminution du nombre de cas de maladies infectieuses, cause importante de la déficience visuelle.

Le sport dans notre société

La pratique sportive existe depuis très longtemps en France, et en effet depuis le milieu du XXe siècle, on a progressivement vu le sport se professionnaliser. Ainsi, les athlètes sont de mieux en mieux entraînés, et il y également recrudescence d’inscrits dans les fédérations pour les loisirs sportifs, ainsi qu’un intérêt croissant des médias pour un panel de plus en plus large et varié de disciplines sportives. En effet, le sport constitue parfois l’unique raison d’être de certaines chaînes de télévision (Canal Plus Sport, BeIn Sport plus récemment) ou de certains journaux (L’Equipe, France Football, …) Cela a rendu l’aspect des enjeux économiques et financiers liés au sport de plus en plus important avec le temps, en particulier dans les disciplines les plus populaires ; football, tennis, auto/moto, …

Les vertus intrinsèques de la pratique du sport ne sont plus à prouver. Ainsi, une telle pratique permet de garder une condition physique convenable, et est traditionnellement porteuse de valeurs positives, telles que le dépassement de soi, le courage, l’honnêteté. Plus simplement, elle est, dans de nombreux cas, ludique, permettant de passer un moment agréable, à partager avec des amis ; étymologiquement, le sport dérive en effet du vieux français « desport », qui signifiait à l’origine « divertissement » .

La pratique de l’activité sportive est fondamentale en France, pays possédant une véritable sensibilité sportive, variant selon les régions. Son importance est bien mesurée actuellement par l’Etat, qui a créé en 1966 le Ministère des Sports, dont un des objectifs principaux est notamment l’accession pour tous à la pratique d’une activité sportive dans de bonnes conditions, et qui obtient des résultats encourageants, notamment grâce à la promotion de telles activités.

Difficultés des non-voyants au quotidien

Les personnes souffrant de cécité ou plus globalement de problèmes de vue conséquents, rencontrent, comme toutes les personnes handicapées, de nombreuses difficultés au quotidien. Dans le cas des non-voyants, leur handicap devrait nécessiter une aide permanente, mais la plupart d’entre eux ont appris à se déplacer seuls, simplement à l’aide d’une canne.

Les aménagements réalisés dans l’optique de pouvoir offrir aux handicapés de meilleures conditions de vie sont en plein développement en France depuis une quinzaine d’années, et la situation semble s’améliorer. Par exemple, de nombreux livres sont désormais édités en écriture Braille, et des aménagements sont également réalisés pour faciliter leurs déplacements. Toutefois, il va de soi qu’en raison de leur handicap, leur mode de vie reste fragile, et de nombreux efforts pourraient encore être réalisés pour les aider.

Problématique et Annonce du Plan

Le rapport d’une enquête du ministère de la Jeunesse et Sports, intitulée « Sport, handicap, intégration » réalisée en 2004-2005 a montré que seul 1% des pratiquants en club ordinaire sont handicapés. Par ailleurs, parmi les 15 226 000 licences sportives délivrées la même année, seulement 50 770, soit une sur 300, ont été délivrées à des personnes en situation de handicap alors qu’elles représentent un septième de la population. Ainsi, l’idée commune est que le handicap, incluant la cécité, est peu compatible avec la pratique sportive. Le sport est souvent considéré comme réservé aux personnes valides. Le handicap restreint et complique effectivement la pratique du sport, mais ne l’empêche toutefois pas.

A travers ce TPE, nous démontrerons que loin d’être une contre-indication pour les handicapés, le sport leur est bénéfique. Pour l'illuster, nous nous attacherons plus spécifiquement au handicap qu'est la cécité.

Quels sont les adaptations nécessaires à la pratique sportive et les apports de cette dernière chez les personnes atteintes de cécité ?

Nous décrypterons dans un premier temps les rôles de l’œil et du cerveau dans le processus de la vision et expliquerons les origines de la cécité. Dans une deuxième partie, nous étudierons les difficultés engendrées par cette dernière et les moyens de les compenser développés par les non-voyants dans la pratique sportive. Ensuite, nous analyserons l’adaptation du sport pour permettre sa pratique par les non-voyants en examinant  trois exemples de sports significatifs : la course, le judo et le football non-voyants et en faisant l’étude des Jeux Paralympiques. Nous conclurons enfin par le décryptage des apports physiques, physiologiques, psychologiques et sociaux du sport chez les non-voyants.

"Pour vivre heureux, diront certains, vivons cachés. Eh bien non ! Pour vivre heureux faisons du sport et partageons notre passion avec le plus grand nombre."

Colin Prigent, président du comité départemental Handisport du Finistère